Les Interstices

Renato Custodio, Concrete mirror, (2017)

En savoir plus

29/09 au 06/07-vitrine ENCORE

Concrete mirror (2017)

Installation visible ( 24h/24)

Concrete mirror, est une installation spécifique conçu pour l’espace d’ENCORE. Renato Custodio transpose, dans ce nouveau projet, sa lecture de l’architecture brutaliste brésilienne à sa version belge. Le regard du spectateur, orienté par un signe posé sur la vitrine de l’espace expositif, définissant l’angle de vue idéal ; active l’installation. L’utilisation de miroirs, nous exposant à l’image inversée de la réalité, rappelle enfin la nécessaire autocritique de l’artiste et du public.

Cette présentation émane d’un premier échange du cycle Les Interstices avec la Galerie Fita Tape pour l’espace d’ ENCORE.

 

 

 

Maëlle Maisonneuve, Tetris 2 un vrai mensonge (2016)

En savoir plus

9/09 au 5/10-Vitrine la CENTRALE

Installation visible de jour ( 24h/24) plus vidéo de nuit.

Tetris 2, un vrai mensonge est composée de tableaux interchangeables et de divers petits objets issus de la collection personnelle de l’artiste. En perpétuelle changement par rapport à l’espace qui l’accueil, cette présentation là émane d’une proposition curatoriale du cycle Les Interstices pour la CENTRALE.

À la tombée de la nuit, l’oeuvre vit différemment et c’est entre les châssis que l’artiste promet alors aux passants dans une vidéo, de les aimer encore et encore…

 

Jean-Baptiste Bernadet (2016)

En savoir plus

12/06-… – dans Bruxelles

Jean-Baptiste Bernadet, merci d’avoir accepté de participer au cycle Les Interstices. Dévoile-nous tout d’abord ta proposition artistique en quelques mots et également ton intérêt pour ce cycle.

J’ai d’abord cherché ce qu’il y avait de plus « intersticiel » dans mon travail, et ce que ça pouvait bien vouloir dire pour moi. Cela signifiait en premier lieu ne pas accrocher des œuvres dans un espace défini, même si le lieu en question pouvait être un interstice dans la ville, par exemple une vitrine délaissée. De mon point de vue, l’œuvre elle-même se devait d’être dans l’interstice. J’ai donc commencé à regarder ce qu’il y avait dans l’atelier qui ne pouvait pas être montré dans le cadre plus formel de la galerie ou de l’institution. Je viens de m’équiper d’un atelier sommaire de sérigraphie, et j’ai alors pensé qu’il était approprié d’en réaliser pour l’occasion, puis de les coller en ville de façon aléatoire. Ainsi il n’y a pas une exposition, mais une cinquantaine d’expositions, chacune à peine visible. Le tout sans plan pour conserver la surprise.

Tu exposes généralement des peintures et, récemment, on a pu découvrir tes céramiques. La sérigraphie, c’est inédit. As-tu déjà expérimenté cette pratique auparavant ? Pourquoi cette envie ?

J’en ai fait auparavant, très peu, mais j’en avais l’envie depuis longtemps. Je me suis équipé car j’ai trouvé difficile de le faire faire par d’autres à Bruxelles à cause de ma façon de travailler. Je suis impatient et j’aime pouvoir faire le plus possible moi-même à l’atelier, changer d’avis. Je trouve magique de pouvoir faire 200 images en quelques heures. J’aime la sérigraphie pour sa simplicité d’utilisation, et aussi le fait que cela reste quand même de la peinture (comme la gravure sur bois, la lithographie, etc. mais la sérigraphie est beaucoup plus simple à réaliser). Du fait que cela est également, au fond, de la peinture sur un support, l’accident, l’imperfection y sont non seulement tolérables mais peuvent même être vraiment intéressants, ce qui fait que je ne me sens pas en terrain inconnu par rapport à la peinture sur toile.

Parlons maintenant de cette image reproduite sur les affiches. Quelle est sa genèse ? Pourquoi t’intéresse-t-elle ?

J’ai travaillé avec la même image il y a quelques années, que j’avais fait sérigraphier sur une série de toiles que je n’ai pas encore eu l’occasion de montrer. Je cherchais alors à accompagner les Fugues [une série initiée il y a plusieurs années] par une seconde série de peintures, et cette image d’un paon faisant la roue m’avait semblé bien fonctionner. D’un coté des tableaux très chatoyants, constitués d’une multitude de touches colorées, cherchant à attraper le regardeur de la même façon que le paon fait sa roue. De l’autre coté une image assez pauvre, en noir et blanc, sans aucun travail manuel de ma part ou presque, mais qui conservait quand même une sorte de scintillement. On pouvait aussi imaginer que les couleurs attendues sur l’image de la roue d’un paon se retrouvaient sur les tableaux. Enfin il y avait aussi la dimension un peu ironique de l’analogie entre le peintre qui fait son tableau et le paon qui fait sa roue.

La nouvelle série de tableaux que tu as montrés il y a peu à la galerie Almine Rech à Bruxelles présentait sur la surface des toiles des marques noires faites au rouleau. Celles-ci tendaient presque vers des motifs reconnaissables. Toutefois, avec cette proposition pour Les Interstices, c’est la première fois qu’on est dans la figuration. Quel est la place de ce travail dans le reste de ton œuvre ?

Je ne pense presque jamais en termes abstrait / figuratif. Je pense que mes tableaux ne sont ni abstraits, ni figuratifs. Pour commencer, cette image du paon est en négatif, reproduisant ainsi l’erreur que j’avais commise lors de l’impression des premiers tableaux. J’avais envoyé à l’atelier de sérigraphie l’image telle que je l’avais trouvé dans une bibliothèque, sans me préoccuper de la mettre en négatif, car cela me semblait évident que cette opération serait faite par l’atelier. Personne ne s’est posé la question, et j’ai reçu les douze toiles imprimées en négatif. Cela s’est avéré beaucoup plus intéressant ainsi, et au lieu de colorer l’image comme j’avais prévu de le faire dans un second temps, je les ai gardées telles quelles. On a donc l’image d’un paon, en noir et blanc, en négatif, imprimée à la vas-vite avec tous les accidents et la perte de résolution qu’implique la sérigraphie, et tout cela fait que pour moi, on est dans une sorte d’image signe, ou de matériau, et pas de représentation. D’ailleurs je ne crois pas que l’on perçoive immédiatement de quoi il s’agit. Ce que l’on voit en premier c’est les éléments végétaux dans l’image, qui suggèrent fortement un paysage. C’est dans un deuxième temps que l’on voit qu’il s’agit d’un paon faisant la roue dans un cadre végétal, et encore, cette image est en négatif. Entre ces deux moments, une grande quantité d’images peuvent apparaitre: feu d’artifice, plantes, paysage, grotte, vue d’un lac la nuit etc. Au même titre que les marques noires dans les tableaux dont tu parles sont des indices de lecture, des éléments sur lesquels l’œil peut s’accrocher pour tenter d’organiser la surface du tableau en une image lisible, alors qu’il ne s’agit que des traces d’un geste purement non intentionnel, les parties de cette image du paon ne sont pas immédiatement compréhensibles dans leur totalité et nécessitent un effort de lecture. Le temps que prends cet effort, même si dans le contexte de la rue il ne va probablement durer qu’une paire de secondes, est suffisant pour faire apparaitre de multiples possibilités de lectures, même brièvement. C’est moins polysémique et complexe que dans les tableaux, mais comme il s’agit d’affiches en ville, ce temps très bref me parait suffisant.

Les sérigraphies offrent aux regards des passants un paon dans un environnement végétal luxuriant. Cette image a un côté attirant et exotique au regard de l’environnement dans lequel elle se trouve. En outre, sensible aux conditions climatiques, elle vit en même temps que la ville dont elle fait partie, tout en étant une sorte de parasite. Est-ce qu’une certaine recherche de la « naturalité perdue » t’intéresse-t-elle ; un certain rapport entre la ville et la nature ?

Non, c’est purement visuel. Comme indiqué dans la réponse précédente, ce qui m’intéresse dans cette image est qu’elle est un piège visuel. La roue du paon est un piège visuel, censé fasciner la femelle et l’attirer vers le mâle. Mes posters, je l’espère, sont aussi des piège visuels, reproduisant ainsi en quelque sorte l’effet même de ce qui est représenté. S’il y a une symbolique ou une métaphore à y voir, c’est celle du peintre étalant ses couleurs pour charmer l’œil. Le papier recyclé, grisâtre, rugueux, que j’ai choisi m’a d’abord intéressé pour ses qualités plastiques, mais aussi, comme tu le dis, parce qu’il devrait très rapidement se dégrader. On peut comprendre cela de deux façons: c’est adapté au format des Interstices, qui je crois ne doivent pas s’éterniser, et c’est, de façon plus symbolique, l’idée que ces espoirs du peintre de charmer par la couleur sont un peu dérisoires et superficiels.

Il y a quelques années tu avais déjà réalisé un affichage sauvage lors d’un projet avec Benoit Platéus. Qu’est-ce qui t’intéresse dans cette forme de monstration de ton travail ?

En premier lieu, cela permet de ne pas limiter le spectre visible du travail à des objets uniques, chers, fragiles, et dont l’accrochage est précis et conditionné par le lieu d’exposition. L’image qui circule dans la ville de façon aléatoire, à peine visible, vouée à la destruction, réduit l’ensemble du travail à une sorte de signe minimal, tout en essayant de faire en sorte que cela fasse malgré tout partie du dit travail d’une façon ou d’une autre, ce qui est une exercice mental qui m’amuse et m’oblige à l’essentialiser. Ensuite, j’ai des sentiments ambivalents par rapport à la publicité, comme tout le monde je crois. Elle peut m’amuser parfois, ou susciter une forme de désir, d’ordre sexuel ou bêtement consommateur, mais je trouve aussi qu’elle est beaucoup trop présente, souvent très mauvaise, laide et débilitante. Dans une ville déjà très chaotique comme Bruxelles, elle ajoute du désordre, de la bêtise et de la vulgarité à tous les coins de rue. Se glisser dans ce flux d’information avec une image gratuite, sans logo, sans rien à vendre, sans message, est quelque chose qui m’intéresse, en tout cas quand j’y suis confronté.

Des sérigraphies sont disséminées dans le tissu urbain, sans parcours balisé. Il s’agit de la répétition d’un même travail, anonyme et éphémère. Quel est la place de l’artiste, du curateur et du public dans une telle proposition ?

Comme dit précédemment, la place de l’artiste est d’essayer d’exister dans un cadre beaucoup plus sauvage que celui de la galerie d’exposition, sans préparation, sans contexte favorable, sans texte, etc. La place du curateur, pour une fois, est simplement de susciter le déclenchement de cette action, en acceptant de perdre la maitrise sur une large partie du contenu, sans possibilité ou presque d’anticiper la réaction du public, et sans pouvoir attendre un retour. Je ne suis pas vraiment intéressé par l’idée de l’art pour tous, je me contente très bien du cadre très limité et exigeant de la galerie et de l’institution, ce qui m’intéresse ici c’est la perte de contrôle. C’est un peu comme envoyer une bouteille à la mer, mais en plus remplie d’une feuille vierge.

Jean-Baptiste Bernadet, merci.

Interview réalisée par email le 03/08/2016 par Gatien Du Bois

 

55-jb-3

Agnès de Cayeux et Maëlla Mickaëlle, La Flâneuse Digitale, (2016)

En savoir plus

23-26/06 -Vitrine . 123 rue Royale

La Flâneuse Digitale est une super-héroïne avatar d’un jeu vidéo en réalité virtuelle intitulé Le monde de F, conçu par Agnès de Cayeux, Maëlla Mickaëlle M. et Fréderick Thompson. Création produite par la Communauté de Communes du Pays d’Orthe, avec le soutien du DICRéAM 2016.

La Flâneuse Digitale grimpe vêtue de sa cape les espaces temps. Entre femme réelle et créature, elle nous attire vers son monde virtuel nous invitant à partager ses rêveries.

Une proposition en deux temps, deux espaces où le spectateur pourra être le joueur, le performeur grâce au casque de réalité virtuelle dont il sera appareillé.

Sébastien Delvaux, La Suite dans un instant, (2010)

En savoir plus

11/05-14/06 – UGC Art Box

Installation visible de 13h à 2h.

Le territoire urbain concentre des espaces privés et publics, où la rue y représenter un flux, où les possibles se font comme se défont. Dans cette proposition, le spectateur se retrouve entre le support de la vitrine et l’œuvre proprement dite. Il fait écran.

« La suite dans un instant » propose au spectateur de poser un regard sur l’instant. L’image, la phrase projetée sur la vitrine induit un temps parenthèse. Il y a eu quelque chose avant et il y aura quelque chose après. Ce temps parenthèse est l’instant, le pendant de l’œuvre. Cet instant prend son existence dans le regard du spectateur. Il devient l’acteur de cet instant, le créateur de l’œuvre qui dure le temps qu’il lui/s’accorde.

Nicolas Bourthoumieux, Sans titre (2015)

En savoir plus

Installation visible à Art Brussels du 22.04 au 24.04.2016 de 11h00 à 19h00

fers à béton affutés, dimensions variables

Les Interstices a profité d’une carte blanche sur le stand de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour exposer le travail de Nicolas Bourthoumieux (1985), dans le cadre de la 34ème édition d’Art Brussels.

Sans titre, 2015, est une installation composée de fers à béton affutés de dimensions variables. Ce matériau se retrouve sur les chantiers et les sites d’excavations. Il agit comme le signe d’une zone urbaine, entre construction et ruine, entre apparition et retranchement.

Ce qui constitue normalement le squelette d’un mur en est extirpé, tordu et affuté aux extrémités, puis vient reprendre appui sur cette même surface. Mettant en tension les parois-mêmes de l’espace d’exposition.

Ces sculptures longilignes et à l’aspect minimal, posées simplement au sol et contre les murs, offrent plusieurs points de rencontre infimes avec l’espace qui les englobe. Des aiguilles. Leurs ombres ajoutent à la confusion dans cette profusion de lignes qui s’entrecroisent. Le brouillage provoqué par l’effacement de la limite entre les fers à béton et les parois marque un passage vers un autre état, une entrée dans une situation nouvelle.

Visible lors de la foire d’Art Brussels, le travail de l’artiste français vivant à Bruxelles s’insère dans l’espace de stockage du stand de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une lieu qui est par essence interstitiel. L’installation de Nicolas Bourthoumieux contamine en quelque sorte le stand où est présenté le projet FOES de Sébastien Reuzé, sous le commissariat d’Emmanuel Lambion et de Maïté Vissault. Le spectateur doit ouvrir une porte pour découvrir cette installation, sorte d’archéologie fiction ou de chantier imaginaire. On pourrait dire que celle-ci est une « ruine à l’envers ». Renvoyant à des édifices qui ne tombent pas en ruine après qu’ils aient été construits, mais qui s’élèvent en ruine avant même de l’être. Une architecture qui se squatte elle-même.

Le visiteur est toutefois tenu à distance de l’installation. Au seuil de ce lieu étrange, indéterminé, ni vraiment abandonné, ni vraiment en fonction, nous sommes empêchés d’avancer, retenus dans une position d’entre-deux, un état interstitiel. Cette notion de seuil renvoi également à une valeur minimum en dessous de laquelle une impulsion perd sa signification. Entre visible et invisible, l’installation joue avec le risque d’être confondue avec un parasite.