Installation visible à Art Brussels du 22.04 au 24.04.2016 de 11h00 à 19h00

fers à béton affutés, dimensions variables

Les Interstices a profité d’une carte blanche sur le stand de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour exposer le travail de Nicolas Bourthoumieux (1985), dans le cadre de la 34ème édition d’Art Brussels.

Sans titre, 2015, est une installation composée de fers à béton affutés de dimensions variables. Ce matériau se retrouve sur les chantiers et les sites d’excavations. Il agit comme le signe d’une zone urbaine, entre construction et ruine, entre apparition et retranchement.

Ce qui constitue normalement le squelette d’un mur en est extirpé, tordu et affuté aux extrémités, puis vient reprendre appui sur cette même surface. Mettant en tension les parois-mêmes de l’espace d’exposition.

Ces sculptures longilignes et à l’aspect minimal, posées simplement au sol et contre les murs, offrent plusieurs points de rencontre infimes avec l’espace qui les englobe. Des aiguilles. Leurs ombres ajoutent à la confusion dans cette profusion de lignes qui s’entrecroisent. Le brouillage provoqué par l’effacement de la limite entre les fers à béton et les parois marque un passage vers un autre état, une entrée dans une situation nouvelle.

Visible lors de la foire d’Art Brussels, le travail de l’artiste français vivant à Bruxelles s’insère dans l’espace de stockage du stand de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une lieu qui est par essence interstitiel. L’installation de Nicolas Bourthoumieux contamine en quelque sorte le stand où est présenté le projet FOES de Sébastien Reuzé, sous le commissariat d’Emmanuel Lambion et de Maïté Vissault. Le spectateur doit ouvrir une porte pour découvrir cette installation, sorte d’archéologie fiction ou de chantier imaginaire. On pourrait dire que celle-ci est une « ruine à l’envers ». Renvoyant à des édifices qui ne tombent pas en ruine après qu’ils aient été construits, mais qui s’élèvent en ruine avant même de l’être. Une architecture qui se squatte elle-même.

Le visiteur est toutefois tenu à distance de l’installation. Au seuil de ce lieu étrange, indéterminé, ni vraiment abandonné, ni vraiment en fonction, nous sommes empêchés d’avancer, retenus dans une position d’entre-deux, un état interstitiel. Cette notion de seuil renvoi également à une valeur minimum en dessous de laquelle une impulsion perd sa signification. Entre visible et invisible, l’installation joue avec le risque d’être confondue avec un parasite.